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politique deBienvenu sur mon blog politique. Adhérent du Parti Socialiste, je suis secrétaire de la section du PS de Lannoy. J'ai également été membre du Conseil Fédéral 59 et partie prenante de la Direction Fédérale en tant que Délégué Fédéral.
Sur ces pages vous trouverez mes réactions et informations sur l'actualité politique de notre commune Lannoy, plus petite ville chef lieu de canton de France, ainsi que de notre canton, notre département et notre région, enfin sur la politique nationale qu'elle soit interne ou externe au PS.
A bientôt.
Jérôme DEHAYNIN
Après ses déclarations de dimanche, Claude Guéant récidive sur l’amalgame entre immigration et échec scolaire. Ces propos du Ministre de l’Intérieur traduisent l’ignorance grave de ce ministre des questions éducatives et une volonté délibérée de tromper l’opinion pour stigmatiser une nouvelle fois les immigrés.
Il est intolérable qu’un Ministre de la République puisse tenir de tels propos mensongers.
Les rapports de l’OCDE et du Haut Conseil à l’Intégration, sur lesquels prétend s’appuyer Claude Guéant, n’accréditent en rien son propos. S’ils reconnaissent les difficultés rencontrées par les enfants d’immigrés, souvent de milieux modestes, c’est pour déplorer qu’en France le milieu socio-économique reste déterminant dans la réussite des élèves et que l’école ne joue plus un rôle majeur dans la lutte contre les inégalités.
Et loin d’être préoccupé par cette situation, le gouvernement contribue à l’aggraver par sa politique. Depuis 2007, le gouvernement procède à un véritable démantèlement de l’Education nationale : suppression de 66 000 postes, fermeture à la rentrée prochaine de 1500 classes.
La France n’a pas besoin de boucs-émissaires mais d’une politique ambitieuse qui mette fin aux écarts scandaleux observés entre les élèves les plus favorisés et ceux qui subissent de plein fouet les ségrégations sociales et spatiales. Le Parti socialiste propose de changer radicalement de politique pour reconstruire un système éducatif juste, équitable et mieux adapté à chaque enfant.
M. le président. La parole est à M. Guy Delcourt, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
M. Guy Delcourt. Monsieur le président, samedi prochain, se tiendra dans cet hémicycle le Parlement des enfants.
Monsieur le ministre de l'intérieur, vous avez déclaré dimanche sur Europe 1 : « Contrairement à ce qu'on dit, l'intégration des immigrés ne va pas si bien que cela : le quart des étrangers qui ne sont pas d'origine européenne sont au chômage, les deux tiers des échecs scolaires, c'est l'échec d'enfants d'immigrés. »
Vous avez franchi le pas du délit de faciès ! (Huées sur les bancs du groupe SRC.)
Après vos propos répétés, insistants, étudiés, vous avez osé toucher à l'intouchable : l’enfant. C'est pourquoi, en tant que président du groupe d'études sur les droits de l'enfant, j’ose, sans retenue, vous appeler « Monsieur. le ministre du Front National ». (Vives protestations sur les bancs du groupe UMP.) Marine Le Pen ne s'est pas trompée en vous délivrant la carte d'adhérent de prestige du FN ! (Protestations sur les bancs du groupe UMP.)
Pour justifier vos propos, vous vous appuyez sur le rapport de 2010 du Haut conseil à l'intégration relatif aux défis de l'intégration à l'école. Or rien dans ce rapport ne valide vos statistiques.
Monsieur le ministre vous livrez des enfants à la haine de certains Français nationalistes et racistes. (Vives protestations sur les bancs des groupes UMP et NC.) À quand des propositions de rafles d'immigrés comme votre prédécesseur l’a fait avec les Roms ? (Protestations sur les bancs du groupe UMP.)
Monsieur Guéant, c'est au citoyen français que je m'adresse : ou vous apportez la preuve indiscutable de vos propos dans leur intégralité, ou vous devez être poursuivi par les associations représentatives devant la justice de la République Française ou la Cour européenne des droits de l'homme pour propos mensongers de nature à créer la discrimination et inciter à la haine raciale ! (Vives protestations sur les bancs du groupe UMP. –Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)
J’en profite pour dire que vous n’honorez pas le Pas-de-Calais. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC. – Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)
M. le président. La parole est à M. Claude Guéant, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration.
M. Claude Guéant, ministre de l’intérieur, de l’outre-mer, des collectivités territoriales et de l’immigration. Monsieur Delcourt, il y a plusieurs façons de faire de la politique. Il en est une, la vôtre, qui est de fermer les yeux pour ne pas traiter les problèmes. Il en est une autre, la nôtre, qui consiste à les ouvrir pour les reconnaître afin de pouvoir les traiter.
C’est vrai, l’intégration connaît des succès, mais elle n’a pas que des succès. Il est exact que non un quart – j’ai arrondi – mais 24 % des étrangers d’origine extracommunautaire qui se trouvent sur notre sol sont au chômage. Ce n’est pas un succès de l’intégration.
M. Jean Glavany. Cela fait dix ans que vous êtes au pouvoir !
M. Claude Guéant, ministre. C’est vrai, et je cite les chiffres de l’INSEE, que deux tiers des enfants d’immigrés sortent de l’appareil scolaire sans diplôme. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)
Plusieurs députés du groupe SRC. Facho !
M. Claude Guéant, ministre. Vous pouvez vous référer aux publications récentes de l’OCDE, au rapport du Haut conseil de l’intégration, vous y trouverez les mêmes chiffres.
Disant cela, je cherche non pas à stigmatiser des personnes, mais à régler les problèmes. Les enfants d’immigrés ont en effet le droit de réussir comme tous les autres. (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.) Il faut qu’on en leur donne les moyens. Pourquoi dis-je qu’il faut qu’ils réussissent et qu’ils s’intègrent ? Pour les mêmes raisons qui m’amènent à dire que nous devons maîtriser les flux migratoires. Parce que nous voulons, contrairement à vous, une France qui ne soit pas celle des différences et des communautarismes. Nous voulons une France du bien-vivre ensemble. (Exclamations sur les bancs du groupe SRC.) Une France dans laquelle on se respecte. Une France fidèle aux valeurs républicaines.
M. Jean Glavany. M. Guéant, qui n’a jamais vu un électeur, va tout nous expliquer !
M. Claude Guéant, ministre. Pour y parvenir, nous devons maîtriser les flux migratoires. Nous, nous ne demandons pas la régularisation de tous les clandestins, comme le parti socialiste dans son programme récent, dont il est si fier. (Protestations sur les bancs du groupe SRC.) Nous ne demandons pas ce que je vois dans des écrits qui inspirent le parti socialiste. Les motivations avancées sont de nature à attrister. (De nombreux députés du groupe UMP se lèvent et applaudissent. – Vives protestations sur les bancs des groupes SRC et GDR.)
M. le président. La parole est à Mme Valérie Fourneyron, pour le groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche.
Mme Valérie Fourneyron Monsieur le ministre de l’éducation nationale, vous ne cessez, depuis des mois, de répéter le même discours formaté, que vous venez de tenir une énième fois en réponse à nos inquiétudes, à celles des enseignants, des parents d’élèves, des Français, sur l’avenir de l’Éducation nationale.
À vous entendre, les socialistes seraient les seuls à ne pas comprendre votre logique de suppressions de postes ou votre politique. Comment expliquez-vous, dans ce cas, que l’Association des maires de France qui n’est pas spécialement connue pour son soutien aux socialistes, avec votre ami Jacques Pélissard à sa tête, demande aujourd’hui qu’il soit mis fin aux suppressions de postes ? (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC et sur de nombreux bancs du groupe GDR.) Je cite l’AMF : « Les maires font part de leur vif mécontentement au regard de la réduction de 8967 postes de personnels enseignants du premier degré en 2011. Elle aura pour conséquence la suppression de 1500 classes en milieu rural comme en milieu urbain alors que 4900 nouveaux élèves sont attendus. »
Dans ma circonscription de Rouen comme partout en France, nous ne comptons plus les sollicitations des organisations syndicales ou des parents inquiets pour l’avenir de leurs enfants. L’Association des maires de France vous prie de ne plus continuer à supprimer des postes dans le primaire. Les socialistes vous le répètent depuis plusieurs années : vous êtes en train de détruire le premier service public de France. (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)
L’éducation doit redevenir la grande cause nationale qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être. Le parti socialiste s’engage à revaloriser le rôle des enseignants, à faire de l’école un moyen de justice sociale et non d’inégalité, inégalité que le Gouvernement accroît chaque année davantage, avec plus de 100 000 suppressions de postes depuis 2003. Monsieur le ministre, arrêtez-vous ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC, où l’on scande « Pélissard ! Pélissard ! », et sur de nombreux bancs du groupe GDR.)
M. le président. La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative.
M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative. Madame la député, nous allons voir qui, de vous ou de nous, lutte contre les inégalités à l’école.
Qui a mis en place l’accompagnement éducatif qui permet d’accueillir un million de collégiens pour le soutien scolaire et l’aide aux devoirs ? Cette majorité et ce gouvernement ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP. – Exclamations sur les bancs du groupe SRC.)
Qui a mis en place deux heures par semaine d’aide à la lecture pour les enfants du primaire qui rencontrent des difficultés ? Ce n’est pas vous, mais ce gouvernement, soutenu par cette majorité. (Vives protestations sur les bancs du groupe SRC.)
Qui a mis en place – puisque vous parlez de justice sociale – une politique volontariste qui permet d’accueillir aujourd’hui, dans le système ordinaire, 45 % d’enfants handicapés de plus qu’il n’y a cinq ans ? Ce n’est pas vous, c’est cette majorité et ce gouvernement. (Huées sur les bancs du groupe SRC.)
Qui est en train d’engager une politique sans précédent de lutte contre le décrochage scolaire, sujet sur lequel vous n’aviez rien fait ? C’est cette majorité et ce gouvernement, par une politique de personnalisation : chaque élève qui décroche sera repéré et se verra proposer une solution. (Huées sur les bancs du groupe SRC.)
Madame la députée, je sais que vous êtes entrée en pré-campagne (Exclamations sur les bancs du groupe SRC),mais nous, nous travaillons, nous répondons aux problèmes des Français, nous rénovons le système éducatif afin qu’il redevienne une chance pour chaque Français. Continuez à faire de la politique pendant que nous continuerons à travailler ! (Applaudissements nourris sur les bancs du groupe UMP. – Huées sur les bancs des groupes SRC et GDR.)
Mme Colette Langlade. Ma question s’adresse à M. le ministre de l’éducation nationale.
La pédagogie exige de répéter plusieurs fois un concept pour sa bonne compréhension. C’est ce que nous ne cessons de faire au sujet de votre absence de politique éducative.
En 2011, 16 000 postes en moins, dont 9 000 pour le premier degré, 1 500 classes fermées, 600 postes de RASED en moins, et maintenant la suppression des postes d’emploi de vie scolaire !
Vous prétendez vous baser sur des faits démographiques, selon lesquels il y a moins d’élèves et plus de professeurs. Vous oubliez cependant qu’il ne s’agit pas que d’un problème de mathématiques. Votre politique de suppression de postes ne va pas dans le sens d’une rationalisation des effectifs. Elle pose de vrais problèmes de classes surchargées, de classes supprimées, particulièrement en zone rurale.
La mobilisation des parents et des enseignants, un peu partout en France, le vendredi 20 mai dernier, lors de la « nuit des écoles », traduit l’inquiétude des familles devant les conséquences d’une telle politique sur la scolarité de leurs enfants et sur les conditions dans lesquelles ils peuvent étudier et travailler, voire être assistés en cas de difficultés.
L’éducation est bien trop importante pour être appréhendée selon la seule logique comptable ; par votre politique de régression éducative, vous engagez votre responsabilité et celle de l’État envers cette génération et les suivantes.
Vos résultats, monsieur le ministre, que ce soit en mathématiques, en logique ou en argumentation, ne sont pas satisfaisants. Nous vous demandons donc de revoir votre copie ! (Applaudissements sur les bancs du groupe SRC.)
M. le président. La parole est à M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative.
M. Luc Chatel, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative. Madame la députée, quand sortirez-vous de la posture et de l’hypocrisie ? (Protestations sur les bancs du groupe SRC.) Hypocrisie quand vous contestez, par exemple, le budget le plus important jamais voté pour l’Éducation nationale par cette majorité, alors que, dans vos départements et dans vos régions, vous baissez les dotations aux établissements scolaires ! (Même mouvement.)
M. Jean-Louis Bianco. Vous mentez !
M. Luc Chatel, ministre. Hypocrisie encore quand vous contestez le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux et que vous nous expliquez que vous recruterez de nouveaux fonctionnaires en 2012 si par malheur vous arrivez au pouvoir, alors que vous savez pertinemment – et certains candidats à l’investiture socialiste l’expliquent aujourd’hui très clairement – que vous n’en aurez pas les moyens. (Protestations sur les bancs du groupe SRC.) Assez d’hypocrisie, madame la députée !
On se demande dans quel monde vous vivez. Au moment où, en Europe, un certain nombre de pays licencient leurs fonctionnaires ou baissent leur rémunération, l’Éducation nationale en France va recruter cette année 17 000 personnes, après avoir augmenté de 10 % le salaire de tous les professeurs en début de carrière : 157 euros supplémentaires par mois pour tous les professeurs certifiés débutants, 250 euros pour tous les agrégés débutants.
M. Alain Néri. Menteur !
M. Luc Chatel, ministre. Ce n’est pas vous qui l’avez fait, mais ce gouvernement, soutenu par cette majorité.
M. Henri Emmanuelli. Fossoyeur !
M. Luc Chatel, ministre. Alors, de grâce, assez de leçons sur la question des moyens ! (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP.)
Alors que l’Assemblée nationale examinait mercredi en commission la proposition de loi socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe, la députée UMP Brigitte Barèges s’est exclamée : "et pourquoi pas des unions avec des animaux ?". Dans la soirée, elle a expliqué avoir voulu "poser la question de la pertinence d’adapter systématiquement la loi et les institutions à l’évolution des moeurs" et avoir "poursuivi son raisonnement par l’absurde en se demandant s’il faudrait aussi institutionnaliser un jour le mariage avec les animaux".
Ces propos, assimilant l’homosexualité à la zoophilie, rappellent les nombreuses vociférations homophobes auxquelles se sont livrés les députés de droite il y a dix ans, alors qu’ils examinaient la proposition de loi sur le pacs. Ce sont ces débordements qui instituent, légitiment et renforcent toutes les violences et toutes les discriminations subies au quotidien par les lesbiennes, les gays, les bis et les trans (LGBT).
HES (Homosexualités et Socialisme) souhaite que le débat que l’Assemblée nationale consacrera le 9 juin prochain à la proposition de loi socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe soit à la hauteur des attentes de nos concitoyens pour faire progresser l’égalité des droits, en panne depuis si longtemps en France. HES attend une dénonciation claire et précise de ces propos inacceptables par les responsables de son groupe politique.
(Mmes et MM. les députés, ainsi que Mmes et MM. les membres du Gouvernement, se lèvent.)
M. le président. Madame Roy, mesdames, messieurs les ministres, mes chers collègues, c’est avec une grande tristesse et beaucoup d’émotion que nous avons appris, le 3 mai dernier, la disparition de notre collègue Patrick Roy. Son courage dans son dernier combat restera pour nous un exemple.
La République a perdu un législateur, un élu toujours disponible pour défendre ses valeurs. L’Assemblée nationale a perdu un député à la fois combatif et estimé.
Ce qui nous rassemble aujourd’hui, au moment de saluer une dernière fois celui qui fut des nôtres pendant neuf ans, c’est le respect. Le respect, sur tous les bancs de notre Assemblée, pour un élu dévoué à celles et à ceux qui lui faisaient confiance, pour un homme de cœur et de conviction qui s’est battu tout au long de sa vie battu.
Avec cette force qui anime ceux qui savent pourquoi ils marchent sur le chemin qu’ils ont choisi, il s’est battu pour les autres, pour ses concitoyens de Denain et d’ailleurs, pour l’égalité des chances, pour une société plus humaine.
Optimiste et généreux, Patrick Roy était aussi un réaliste, un de ces hommes scrupuleux et précis qui ne se paient pas de mots.
À l’issue de ses études universitaires, il était contrôleur de gestion. Son altruisme, son sens civique l’ont conduit à mettre ses capacités au service de la collectivité. En 1982, il choisissait de devenir instituteur et, neuf ans plus tard, il siégeait au conseil municipal de Denain et au conseil général du Nord. En 2002 enfin, il entrait dans cet hémicycle, avec cette sincérité, cette combativité qui, chez lui, n’ont jamais faibli.
Enfant de la méritocratie, fils de la République, il a voulu rendre à tous ce qu’il avait reçu d’elle.
Patrick Roy était de ceux pour qui la politique n’est pas séparable de la morale, d’une morale laïque et exigeante, faite de loyauté et de responsabilité. Député, Patrick Roy l’était donc avec passion, avec fougue, et même parfois avec excès.
Élu d’une circonscription durement éprouvée par les crises, il ne se sentait pas le droit de composer, de relativiser, de s’abandonner au scepticisme. Il protestait, il réclamait, et nous tous ici avons connu ces moments où « un homme en colère », comme il se définissait lui-même, venait présenter ses doléances et ses propositions. Un tel élu, un tel militant ne pouvait laisser indifférent.
En bon républicain, toutefois, Patrick Roy connaissait aussi les vertus de l’écoute. Il aimait la confrontation des idées, mais dans le dialogue et le respect d’autrui. Toujours prêt à l’échange, à l’échange contradictoire, mais toujours la fraternité au cœur, Patrick Roy n’avait nullement le goût des vaines polémiques.
La politique, chez lui, avait pour synonyme l’argumentation. Il savait ce qu’il voulait, il connaissait les dossiers, il ne parlait jamais sans avoir examiné le problème avec attention. Sous sa veste rouge, le contrôleur de gestion était toujours là, voulant des chiffres, des faits, se montrant précis et capable de défendre pied à pied d’impressionnantes séries d’amendements.
Au Palais-Bourbon, l’instituteur qu’il fut pendant plus de vingt ans compta parmi les défenseurs inlassables de l’école républicaine. « L’école est le ciment qui unit chaque Français », déclarait-il dans l’hémicycle le 20 janvier 2004.
Ses plaidoyers pour l’école ne laissaient personne indifférent, parce qu’ils étaient pleins de vie et de verve, bien sûr, mais aussi parce que cette école que défendait Patrick Roy se situe au croisement de nos préoccupations les plus fondamentales : la laïcité, l’égalité des chances, l’éducation à la citoyenneté.
Et je ne voudrais pas, dans cette énumération, oublier la diversité culturelle, car Patrick Roy, c’était aussi la musique, le rock métal en particulier, qu’il aimait avec ardeur et qu’il aura fait découvrir à bien des députés.
Travailleur acharné, Patrick Roy était aussi assidu en commission que dans l’hémicycle. En 2007, il présidait le groupe d’études parlementaire sur l’amiante, puis, en 2009, la mission d’information de la commission des affaires sociales sur la prise en charge des victimes de ce matériau toxique dont il avait étudié les effets dévastateurs.
Attentif à la vie, à l’avenir et à la santé des autres, Patrick Roy fut lui-même frappé, en pleine maturité, au milieu de ses combats, par l’injustice de la destinée.
Au moment de lui rendre hommage, je ne peux évoquer son nom sans admirer son courage devant la maladie, ce courage qu’il a eu à cœur de transmettre à ceux de nos concitoyens souffrants qui suivent nos travaux.
Fidèle à lui-même, il a lutté avec ses armes – sa fermeté, sa solidité, son optimisme –, jusqu’au bout de la route. Avec sa force de caractère, que nous saluons tous ici, il a su un moment inverser le sort. Avec lui, nous avons voulu espérer quand, sorti de l’hôpital, ce député au courage exemplaire est revenu au Palais-Bourbon, exercer son mandat d’élu de la Nation.
Le 15 mars dernier, ici même, à la place qui était la sienne, alors qu’il côtoyait la souffrance depuis de longs mois, ce n’était pas la révolte, ni l’amertume, qui se lisaient sur son visage, mais quelque chose d’infiniment humain.
Avec sincérité, avec dignité, c’est au nom de « millions de victimes » qu’il avait tenu à témoigner. Avec des mots simples, et d’autant plus touchants qu’ils étaient simples, Patrick Roy nous a rappelé la vraie nature de l’Assemblée nationale, ce lieu de pouvoir qui est aussi un lieu d’ouverture et d’humanité où l’on peut être, tel qu’il se définissait, « un opposant farouche » sans renoncer à dire : « Je vous aime, toutes et tous ».
Je voudrais maintenant donner une dernière fois la parole à Patrick Roy, pour que nous sachions nous souvenir de son dernier message. « La vie est vraiment belle », nous a-t-il dit, avant d’ajouter : « Je suis très fier d’appartenir à cette belle démocratie française. »
Patrick Roy, nous sommes fiers de vous avoir connu.
À vous, madame, à son fils Kevin, à toute sa famille, à ses camarades du groupe socialiste, radical et citoyen, à tous les siens, j’adresse, au nom de tous les députés de l’Assemblée nationale et en mon nom personnel, mes condoléances attristées.
M. le président. La parole est à M. le ministre chargé des relations avec le Parlement.
M. Patrick Ollier, ministre chargé des relations avec le Parlement. Chère Geneviève, monsieur le président, mesdames, messieurs les députés, le 3 mai dernier, Patrick Roy nous quittait. C’était un mardi, jour de séance des questions au Gouvernement, ces séances qu’il appréciait tout particulièrement et qui lui permettait de questionner le Gouvernement avec force, au point qu’il s’est fait connaître comme « le député à la veste rouge ». Derrière cet emblème, traduction de colère parfois et d’humour souvent, se cachait un homme d’une grande délicatesse dans son rapport aux autres, d’une sincérité profonde dans son engagement politique et d’une générosité sans faille.
Contrôleur de gestion, en 1977, d’une entreprise près de Cambrai, il préfère très vite se mettre au service des autres. Diplômé de l’éducation nationale, il devient instituteur à partir de 1983 et le restera près de vingt ans. Un goût affirmé pour la chose publique, un cœur bien ancré à gauche le poussent vers la politique. Il s’implique au sein du parti socialiste et devient secrétaire de section à Denain, en 1995. Mais Patrick Roy veut s’investir plus avant au service de ses concitoyens, au service de sa ville de Denain durement touchée par la désindustrialisation. Il aspire à participer à sa gestion et devient adjoint au maire en 2001 puis conseiller général. Sa carrière politique commence alors et prend rapidement de l’ampleur. Le 16 juin 2002, il est élu député de la dix-neuvième circonscription du Nord ; il est réélu à l’Assemblée nationale le 17 juin 2007. En mars 2008, il devient maire de sa chère ville de Denain. Il s’identifie à son territoire et se fait l’ambassadeur de Denain à Paris. Il se bat pour la survie de cette région sinistrée. Il répétait souvent – combien de fois l’avons-nous pas entendu ici ! – que ses dossiers prioritaires étaient le chômage, l’emploi, les petits retraités, le logement. Nous le sentions fiers de représenter ses concitoyens du Nord.
Mais sa préoccupation des autres le portait au-delà de sa région, vers l’ensemble des Français. À l’Assemblée nationale, il présidait le groupe d’études sur les conséquences de l’exposition à l’amiante. Il intervenait régulièrement sur ce délicat dossier. Cette question lui tenait à cœur et il faisait assidûment en sorte, comme sur d’autres sujets, d’être au quotidien le porte-parole des sans-voix.
Patrick Roy est également connu pour un autre de ses combats, comme vient de le rappeler le président de l’Assemblée nationale, un combat particulier qui peut paraître décalé dans cette enceinte, une cause qui lui était chère, le rock métal : une musique, disait-il, très injustement mal connue, extrêmement créative mais au mieux ignorée, au pire diffamée. Permettez-moi de m’attarder sur ce point, car lui rendre hommage, c’est aussi évoquer la diversité de l’offre musicale dans le service public, qui semble ignorer le rock métal. « Le rock métal est injustement méprisé par les médias », disait Patrick Roy le 15 mars dernier, lors de cette séance qui restera gravée dans nos mémoires, ce jour où un homme politique, un député est venu dans l’hémicycle délivrer un message d’amour, pour reprendre ses propres termes.
Nous le savions malade, nous le croyions perdu en cette fin d’année 2010. Puis un nouveau traitement lui a donné une exceptionnelle et nouvelle force de vie. Nous avons cru avec lui, avec ses amis, avec Geneviève, nous avons voulu réellement y croire, tant son enthousiasme était communicatif.
Ce laps de temps, tombé du ciel alors que tout semblait perdu, il l’a mis à profit pour dire son amour des gens, de la vie, pour dire au revoir aux siens, à ses amis, à ses adversaires, à tous ceux qui le faisaient se sentir vivant. Jusqu’à la fin, il est resté debout, tourné vers les autres.
Dans son message du 15 mars, au-delà de son cas personnel, il parlait pour toutes les personnes qui se battent contre la maladie. Il déclarait : « Face à la mort redoutée, il y a la vie espérée. Ce souffle, vous me l’avez tous donné. Il faut aussi le donner aux millions de victimes qui, comme moi, luttent pour la vie. La vie est tellement belle. Ces victimes, aimez-les, aimons-les, entourons-les : le cœur accomplit des miracles. »
En tant que ministre chargé des relations avec le Parlement, je tiens à saluer la mémoire du parlementaire assidu qu’il était, investi jusqu’au bout dans sa mission avec une énergie et un courage exceptionnels. Homme de convictions, Patrick Roy était un adversaire pugnace pour nous, sans concessions, mais constructif. Je salue le militant sincère et dévoué au socialisme qui avait une haute idée de la politique, les différences n’empêchant ni l’estime ni le respect ni même l’amitié.
C’est avec dignité et optimisme – un optimisme à toute épreuve – qu’il a fait face à la maladie qui l’a emporté. Patrick Roy n’a jamais abdiqué, il était un exemple de courage – courage partagé par sa famille, son épouse Geneviève et son fils Kevin. C’est dans le cœur de chacun des hommes et des femmes dont Patrick a marqué le destin qu’il laissera pour toujours son empreinte.
En 1903, à Albi, dans son discours à la jeunesse, Jean Jaurès affirmait : « Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille. » Patrick Roy a eu ce courage.
À ses collègues du groupe socialiste, à ceux de la commission des affaires sociales, à vous, Geneviève et à vous, Kevin, à toute votre famille je présente, au nom du Gouvernement, mes plus sincères condoléances.
(Mmes et MM. les députés, ainsi que Mmes et MM. les membres du Gouvernement, observent une minute de silence.)
M. le président. Je vous remercie.
Dear Colleagues:
You have seen my letter of resignation as Managing Director of the Fund—one of the most difficult communications of my life. I wanted very much to be in touch with you, personally and directly, to express my profound sadness and frustration in having to leave under these circumstances. I am doing so because I believe it to be in the best interests of the institution that I care about so much, and of you, the staff, whom I deeply appreciate and admire.
The past days have been extremely painful for me and my family, as I know they have been for everyone at the Fund. I am very sorry that this has been the case. I deny in the strongest possible terms the allegations which I now face; I am confident that the truth will come out and I will be exonerated. In the meantime, I cannot accept that the Fund—and you dear colleagues—should in any way have to share my own personal nightmare. So, I had to go.
When I first met you, (I am picturing us in the atrium), I confess that all I really had was a sense of commitment to the Fund’s founding vision of global economic cooperation. This last phrase has always been more than just a slogan for me: I come from a place painfully aware of the slide from economic damage to political strife to war, destruction, and human misery. But I had only the vaguest ideas about how to go about the task. I thank you, all of you, for having sharpened that vision not just for me, but for the world, and for having given it content.
The Fund’s response to the crisis has been much praised. I don’t want to leave without remembering with you some key milestones. The early case for fiscal stimulus. The support, analytical and otherwise, for the crisis response by the G20 and the world. The introduction of sensible flexibility in lending tools (FCLs, etc). The large deployment of resources—both securing them, and using them, including in Western Europe for the first time in decades. New tools for identifying crisis risks, like the early warning exercise. Stronger engagement with the emerging market countries, especially in Asia, and with the low-income countries, especially in Africa, including with the new zero interest rate loans. The downsizing of the Fund—difficult as it was—and putting the Fund’s finances on a sound basis with the new income model. And the historic governance reforms, which have strengthened the sense of ownership across the entire global membership.
I also don’t want to leave without telling you—as perhaps I did not do sufficiently before—that I understand and deeply value all the other work that you did. Milestones are easy to remember and quote, but the daily work of the institution is much, much broader. And in your daily work, you invariably delivered: you provided invaluable expertise, be it in high-profile or low-key ways, in countless bilateral surveillance and technical assistance missions; you pushed past bureaucratic caution to confront the world’s policymakers with difficult facts; you quietly accomplished all the back office tasks without which nothing can be done; you embraced innovation in every area; and your dedication was without peer.
I do not doubt, not for one instant, that what the institution has achieved in the last three and a half years is the fruit of your thinking, your work, your conviction. You should be proud of what you have achieved. A tremendous amount of work remains to be done, at a very crucial time; you will deliver time after time, and I will cheer for you when you do so.
I feel privileged and humbled to have worked with such an extraordinary group of people. I will cherish our time together.
And so my dear colleagues, I say thank you, good luck for the future, and au revoir.
Dominique
"Les derniers jours ont été extrêmement pénibles pour moi et ma famille, comme je sais qu'ils l'ont été pour tout le monde au Fonds. Je suis vraiment désolé que cela ait été le cas. Je démens de la manière la plus forte les allégations auxquelles je suis confronté ; je suis confiant que la vérité éclatera et que je serai disculpé" Dominique Strauss-Kahn
Le projet socialiste pour 2012 a été adopté à 95,14% par les militants.
Ce jeudi, 149.708 adhérents inscrits dans 3.500 sections étaient appelés à voter pour le projet.
Un projet solide et fédérateur qui par ce score d'adhésion de 95,14% a su rassembler nos adhérents
A travers 4 Conventions nationales, 8 forums des Idées et plus d'une centaine de rencontres du changement c’est un véritable dynamique d’union qui est née autour du
projet socialiste pour le changement en 2012.
Avec un tel résultat, le PS est le premier parti politique français à avoir préparé, débattu et validé son projet en vue de l'alternative de 2012. Le projet, avait
déjà été adopté lors du Conseil national du 9 avril à l'unanimité.
Désormais,cap sur la Convention nationale du 28
mai où le projet doit être adopté.
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