1) Ban public existe depuis plusieurs années maintenant. Pouvez-vous préciser les conditions de sa création, son histoire et évolution et ses combats
actuels?
Ban Public est une association créée en 1999 par un sortant de prison. Elle a, depuis sa création, pour missions principales de soutenir les personnes incarcérées et leurs proches et de faire entendre leur voix ainsi qu’à informer le grand public via le site Internet : www.prison.eu.org
Ban Public se mobilise sur toute question touchant à la problématique carcérale. Nous nous efforçons d’être le relais de toutes celles et ceux concernées de près ou de loin par la prison et qui souhaitent s’exprimer sur ce sujet.
2) Sur votre site Internet, un sinistre décompte est fait semaine après semaine du nombre de détenus qui se sont suicidés dans les prisons de la République. Où en est-on aujourd'hui et quelle est la situation comparative par rapport aux années précédentes?
En 2002, Ban Public a créé un observatoire des suicides et morts suspectes. D’abord et avant tout nous tenons fermement à rappeler que le silence coupable de l’Administration pénitentiaire ne porte pas uniquement sur les suicides en prison mais également sur toute autre forme de décès :
- en prison, de nombreux prisonniers et prisonnières décèdent chaque année du fait de maladies insuffisamment ou pas du tout soignées. Les conditions d’accès aux soins en détention sont telles qu’elles ne permettent pas une prise en charge médicale efficace. C’est la raison pour laquelle le code de procédure pénale prévoit un mécanisme de suspension de peine pour raisons médicales lorsque le pronostic vital d’une personne incarcérée malade est engagé ou lorsque son état de santé est incompatible avec les conditions d’incarcération. Malheureusement, ce mécanisme est très peu utilisé, les juges n’accordant que trop peu la suspension de peine.
- par ailleurs, bien qu’aucun débat ne porte sur cette question, beaucoup de décès de personnes incarcérées sont des morts suspectes, c’est-à-dire que les conditions dans lesquelles ces personnes décèdent ne sont pas établies. Elles constituent souvent des infractions pénales allant de l’assassinat (homicide prémédité) à l’omission de porter secours à personne en danger en passant par l’homicide, l’empoisonnement ou la mise en danger d’autrui.
- enfin, il convient de rappeler qu’il y a, selon les chiffres officiels, 10 fois plus de suicides en prison qu’à l’extérieur. Ces suicides ont lieu particulièrement à l’entrée en détention, et juste avant la sortie de prison, également lors du placement au quartier disciplinaire. Il est à noter que le nombre de suicides des membres du personnel pénitentiaire sur le lieu de travail est également élevé,
Toutefois, si nous tenons un observatoire des suicides et morts suspectes sur notre site Internet c’est parce que nous constatons, à regret, que l’administration pénitentiaire refuse de communiquer sur les conditions dans lesquelles les personnes incarcérées décèdent en prison et sur le nombre de personnes que cela concerne.
Ainsi, l’administration pénitentiaire ne compte pas les personnes qui décèdent à l’hôpital d’un suicide commis en prison, ni les personnes qui décèdent à l’extérieur alors qu’elles sont sous écrou (elles ne sont donc pas physiquement en prison mais purgent une peine ou sont soumises à une mesure de sûreté). Egalement, nous n’avons aucune information institutionnelle quant aux décès ayant cours parmi les personnes sorties de prison dans l’année ou les années qui suivent leur sortie.
http://prison.eu.org/spip.php\?page=rubrique&id_rubrique=68
3) Michèle Alliot-Marie a demandé, enfin, après l'incurie de Rachida Dati, un rapport sur les suicides en prison promettant d'agir vite. Pouvez-vous rappeler ses propositions et surtout la réalité de son action depuis la remise de son rapport? Quelles sont les revendications que vous défendez pour améliorer la situation rapidement et surtout durablement?
D’abord, il convient de rappeler la chronologie des évènements :
Fin juillet, le quotidien «Le Monde» publie en Une un article faisant état d’une affaire d’assassinat d’une personne incarcérée par des surveillants sous les yeux d’un autre prisonnier, par la suite torturé par ces mêmes surveillants.
Début août, alors que le nombre de décès en prison atteint les 90 personnes selon notre observatoire, Michèle Alliot-Marie exige la remise d’un rapport sur la question du suicide en prison avant la mi-août.
Mi août, est publié et diffusé le rapport Albrand, rapport rédigé par un médecin à la suite d’une commande de Rachida Dati et remis au ministère de la justice en janvier 2009 ! Le docteur Albrand dénonce des modifications entre le rapport qu’il aurait lui rédigé et le rapport publié, sans préciser quelles sont les modifications opérées par les services du ministère de la justice.
Au delà des mesures proposées par le rapport et celles préconisées par Michèle Alliot-Marie que nous reprenons en détail dans ce communiqué : http://prison.eu.org/article12046.html nous regrettons qu’une fois de plus le débat se focalise sur «la prévention du suicide en milieu carcéral» en occultant toutes les autres formes de décès et toutes les autres formes de souffrance en milieu carcéral.
Nous tenons à rappeler qu’il importe, en premier lieu, de faciliter le lien social et maintenir à tout prix les liens familiaux plutôt que de multiplier les obstacles entre la personne incarcérée et ses proches.
Qu’il importe également de revenir à une pratique humaine de la justice par une diminution drastique du nombre de personnes incarcérées alors qu’elles n’ont pas été encore jugées, qu’elles bénéficient donc de la présomption d’innocence ; par la non incarcération des personnes atteintes de troubles mentaux qui auraient bien plutôt besoin de soins et par l’accentuation des moyens humains et financiers sur la sortie de prison, c’est à dire le retour dans la société et peut-être la construction d’une possible insertion sociale.


L'Assemblée Générale de HES vient d'avoir lieu, elle t'a reconduit comme Président. Peux-tu en quelques lignes et dates symboliques rappeler ce qu'est HES?
Nous nous sommes réunis
avec les groupes socialistes LGBT d'Europe, en constituant un réseau, Rainbow Rose, qui travaille avec le Parti socialiste européen. Nous agissons ensemble pour que les dispositions législatives
progressent aussi à ce niveau.
Nous
sommes partisans de la reconnaissance, juridique et sociale, du rôle de ces femmes qui aident des parents en portant leur enfant. Michèle André, sénatrice PS, prépare une proposition de loi en
faveur de cette légalisation. Mais le sujet ne fait pas encore l'unanimité au PS.
Après le résultat des élections européennes, on sent les militants dépités et
incertains devant les prises de positions de camarades qui pensent plus à leur carrière qu'à notre projet. Dans notre fédération, comment en tant que 1er Secrétaire penses-tu permettre aux
militants de participer à la mise en place du projet régional et cantonal?
Au parlement et
plus particulièrement à l'Assemblée Nationale nous ne ménageons pas nos efforts pour tenter de faire entendre notre voix, mais la reconquête passe aussi par la proximité et le contact permanent
avec les citoyens qui souffrent dans leur vie quotidienne.
Je suis pour ma part d'accord avec la plupart de spécialistes des études d'opinion pour penser qu'il est illusoire de penser que les électeurs qui nous ont manqué le 7 Juin
reviendraient mécaniquement aux urnes à l'occasion des régionales pour nous soutenir. Il va nous falloir les convaincre de nous faire de nouveau confiance. Dans cette tâche, le rôle de notre
Parti et donc, naturellement de ses militants sera essentiel.
Dans notre Région, je pense que le travail que nous avons réalisé
est de grande qualité au regard des engagements que nous avions pris devant les électeurs. Avec Daniel Percheron, dans un travail d'équipe qui ne s'est jamais démenti, nous avons collectivement
relevé tous les défis. Nous n'aurons pas à rougir de notre bilan, mais il ne nous faut pas non plus faire de faute dans la préparation de cette campagne. Pas de divisions affichées, pas de jeux
personnels, pas de francs-tireurs et une recherche permanente de rassemblement, entre nous, socialistes, cela s'entend, mais aussi avec toutes les composantes de la gauche qui le voudront, voilà
les conditions qu'il nous faudra réunir pour gagner.
Depuis plus d'un an maintenant, mon blog vit et se développe un peu à la fois, au
fur et à mesure de vos connexions et de vos lectures, de vos remarques et de vos commentaires.
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