Dordogne libre - mardi 27 mai 2008 - page 2DARCOS EN EXAMEN
<<Même si elles sont rares et souvent fruit de fantasmes d'élèves stressés, les fuites au bac existent et les soupçons peuvent même atteindre un futur ministre de l'enseignement scolaire comme Xavier Darcos.
Il y a vingt ans, alors que l'actuel locataire de la rue de Grenelle débutait sa carrière d'enseignant, il était accusé de
fraude puis relaxé.
Cette affaire éclate juste après la session de juin 1982 du baccalauréat, par des rumeurs de fuites ayant profité à des élèves de Périgueux (Dordogne).
Le recteur de l'académie de
Bordeaux, convaincu de l'existence de ces fraudes, annule l'épreuve dans cette ville, ordonne une enquête administrative et dépose plainte contre X.
Quelque 670 candidats reçoivent une nouvelle convocation pour octobre.
Rapidement apparaît le nom de Xavier Darcos, 35 ans, professeur de lettres agrégé du lycée Laure-Gatet de la ville.
Il est accusé d'avoir divulgué un sujet du bac de français à ses élèves.
L'enquête administrative établit que M. Darcos, membre de la commission académique qui choisit les sujets des examens, avait fait réviser à ses élèves, quelques jours avant le bac, un
sujet très voisin de l'un des trois proposés aux candidats.Ces révélations font scandale.
Surtout que, selon France-Soir de l'époque, Xavier Darcos est "un jeune et brillant enseignant inscrit au tableau d'aptitude aux fonctions d'inspecteur d'académie", "promis à un très brillant
avenir professionnel".
Inculpé, Xavier Darcos est cité à comparaître le 30 mai 1983 devant le tribunal de grande instance de Périgueux.
Le ministère public requiert une peine d'amende.
L'avocat de l'enseignant plaide que les sujets sont choisis sur plusieurs listes de propositions et que nul ne pouvait savoir de manière certaine à l'avance quels seraient les trois sujets
finalement proposés aux candidats.
Le tribunal le relaxe.Sa porte-parole a assuré à l'AFP qu'à l'époque des faits, "les rédacteurs ne pouvaient pas savoir si leur sujet allait être retenu".