(article paru dans la Voix du Nord édition de Roubaix du Samedi 11 octobre 2008 - Photo et Texte : Brigitte LEMERY)
Le SGEN-CFDT remet gravement en cause la politique de d'éducation et de formation du gouvernement. Avant le grand raout parisien programmé le 19 octobre, il exprime « l'inquiétude et
le ras-le-bol » des enseignants des premier et second degré.
Elisabeth Bagault, secrétaire régionale de l'URI (Union régionale interprofessionelle), Muriel Balverde animatrice du secteur Roubaix-Tourcoing-Vallée de la Lys et Jérôme Dehaynin (brigade bassin
Roubaix-Tourcoing-Wattrelos) sont assis devant la dernière affiche du SGEN-CFDT. Elle montre un jeune enseignant qui déboule à moto dans une classe devant des élèves médusés. Bien obligé, il
« bosse dans trois établissements différents » !
L'affiche dit tout du malaise qui perdure au sein d'une profession en souffrance et qui ressent globalement « un sentiment d'abandon. » Le SGEN-CFDT et l'URI qui ont pris toute la
mesure de ce mal être, s'insurgent contre la politique et les déclarations de Xavier Darcos, ministre de l'Éducation.
Le SGEN-CFDT est opposé à une baisse des coûts mais favorable à une promotion de l'innovation. Ils ne veulent pas « une école à la calculette, du formatage, des méthodes du passé qui ont
fait la preuve de leur échec... un patchwork de mesures qui ne fait plus sens », mais milite pour une école ouverte sur son quartier qui rende les enfants autonomes et au vrai sens
critique.
La situation est vue par le SGEN-CFDT comme critique. En terme de formation, il craint la suppression ou l'aménagement des UEFM avec un recrutement fixé à Bac + 5 et l'abandon des stages de
terrain dans le cadre de la formation initiale. Il prévoit la suppression des 2/3 des heures dédiées à la formation continue et frémit à l'idée des 13 500 suppressions de postes annoncées en
région dont 10 % dans l'Académie de Lille. Pour la rentrée 2009, il s'inquiète aussi des postes spécialisés nombreux sur le bassin, des effectifs pléthoriques en classe : jusqu'à 36 à
Sévigné-Tourcoing et 34 à Beaudelaire-Roubaix : « Cela devient dramatique et inquiétant » souligne Muriel Balverde, et comme le nombre d'adultes baisse dans les établissements
(enseignants, surveillants, conseillers d'orientation, documentalistes, animateurs REP...) la violence augmente. » Elle évoque « les menaces, les bagarres, les intrusions dans
les classes, l'obligation de faire cours porte ouverte et portable branché pour appeler à l'aide en cas de besoin, l'explosion des dépressions, des arrêts maladie », les suicides, sans mise
en place d'un dispositif d'écoute, d'accompagnement... Et puis, il y a aussi l'aide personnalisée inéquitable selon les secteurs, les TZR, (titulaires de zone de remplacement) nommés sur postes
non pourvus, souvent sur deux établissements et les postes non remplacés : « Depuis le 15 septembre, informe Jérôme Dehaynin, 30 collègues absents ne sont pas remplacés sur le bassin, sur
les 227 écoles de 1er degré ». Il y en aurait déjà 45 sur 3 établissements du second degré ! •
BRIGITTE LEMERY
Journée d'action intersyndicale et associative le 19 octobre à Paris. Rdv 13 h place d'Italie.
Permanences SGEN-CFDT les 1er et 3e lundis du mois de 16 h à 18 h, mercredi sur
rdv.
Visites d'établissements à la demande.