Hier soir, les sénateurs ont finalement suivi
les élus du groupe socialiste dans leur refus de voter l’article 17 de la loi Boutin « Mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion », qui vidait de son sens l’article
55 de la loi SRU du 13 décembre 2000, dite Gayssot-Besson-Bartolone et cela malgré l'avis favorable de la commission des affaires sociales. Cette loi emblématique de la gauche impose 20% de
logements sociaux dans toutes les communes de plus de 3.500 habitants (1.500 pour la région Ile de France).
Christine Boutin proposait d’intégrer dans le décompte des 20% les logements d’accession sociale à la propriété, en revenant sur la promesse faite à l’abbé Pierre de ne plus toucher à la loi SRU. Elle encourageait les maires de droite qui refusent la mixité sociale et freinait, avec un budget en baisse de 9% en 2009, la construction des logements sociaux nécessaires à notre pays.
La droite a déjà modifié plusieurs fois la loi SRU en intégrant en 2005 les logements en foyers pour personnes handicapées mentales et les logements occupés ou acquis par les harkis ou, en 2006 les logements HLM vendus à leurs locataires. Un puissant lobby d’élus de droite hostiles au logement social continue de réclamer régulièrement l’abrogation d’une loi qu’ils refusent pour certains d’appliquer dans leurs communes préférant payer des amendes minimales (qu'il faudra augmenter largement quand nous redeviendrons majoritaire!).
Cette nouvelle tentative de dénaturation de la loi SRU va dans le même sens que la suppression ou la diminution de la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU) pour de nombreuses communes comprenant des logements HLM, en limitant leurs possibilités de promouvoir au quotidien la mixité et le vivre ensemble.
A la suite de ce vote négatif au Sénat, Christine Boutin espère que les députés reprendront l'initiative et remettrons l'article 17 en selle lors de la future navette à l'Assemblée
Nationale, revenant ainsi sur l'expression des sénateurs.
Et au fait : Fadela Amara... elle en pense quoi?