20 ans après, jour pour jour, symboliquement, Martin Hirsch promulgue la loi sur le Revenu de Solidarité Active (RSA) adoptée définitivement par le parlement jeudi dernier qui remplace le RMI.
Avec 1,1 million de Rmistes et 2 millions de travailleurs pauvres en plus des 7 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (60% du salaire médian), Michel Rocard, député européen et ancien Premier Ministre de François Mitterrand, rappelle que le RMI a "sauvé de l'absence de ressources près de deux millions de Français" et estime que "500.000 ou 600.000 personnes ont réussi leur insertion professionnelle" grâce au RMI mais il "était calibré pour fonctionner en période de croissance. Il est victime de l'échec de l'économie globale". "Pour rendre les gens plus employables, il faut que les conditions économiques soient remplies. En clair: qu'il y ait des offres d'emploi", ajoute-t-il.
Le Haut Commissaire aux Solidarités Actives, ancien président d'Emmaüs, a annoncé que "La loi sera promulguée aujourd'hui le 1er décembre. Nous avons voulu honorer les créateurs du RMI créé le 1er décembre 1988", en soulignant "les succès et les échecs" du dispositif du RMI. Le RSA, defendu depuis 2005 par Martin Hirsch souhaite faciliter le retour à l'emploi des RMIstes tout en augmentant les revenus des travailleurs pauvres.
Il doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain en métropole et pour l'outre mer "au plus tard le 1er janvier 2011", il concerne potentiellement 3,5 millions de personnes. Pour une personne qui ne travaille pas, le RSA ne change rien , elle continue à percevoir un "revenu minimum garanti" égal au RMI actuel, soit 447,91 euros pour une personne seule sans enfant (671,87 euros avec un enfant). Par contre, les personnes qui retrouvent un travail auront, dans la majorité des cas, un complément de revenus plus intéressant et de plus longue durée avec le RSA qu'avec le RMI, leur permettant de gagner plus que si elles n'avaient que la seule allocation.
En ce qui concerne le RSA, Michel
Rocard précise qu' "en temps de crise, rien n'est adapté. Le capitalisme contemporain n'est plus capable d'assurer le plein emploi. Ce n'est donc pas le RSA qui va redonner du travail aux
gens. C'est la reprise espérée. Le plan de relance qui se prépare en Europe va-t-il permettre de relancer l'économie? Auquel cas, le RSA, au lieu de devenir un pansement d'urgence, comme le RMI,
sera un outil vraiment efficace".
Rappelons que si sur le fond du projet, le PS est évidemment d'accord, le vrai souci est les moyens mis en place pour financer le RSA en faisant payer par tous les salariés y compris modestes plutôt que par une remise en cause du bouclier fiscal et des cadeaux fait aux hauts revenus!